Longtemps partagée entre médecine et architecture, Catherine Dormoy a finalement choisi la seconde voie. Un choix qui ne l’a pourtant jamais éloignée de son intérêt pour le soin et l’attention portée aux autres. Car pour l’architecte, concevoir un bâtiment ne consiste pas seulement à dessiner des volumes ; il s’agit avant tout d’imaginer des lieux pour celles et ceux qui vont y vivre. Sa conception du métier repose sur une conviction simple : « l’architecture, c’est d’abord l’art d’écouter les souhaits, les désirs et les besoins des utilisateurs ». Une écoute attentive qui doit permettre, selon elle, de créer des espaces capables d’apporter « du bien-être, du plaisir et une véritable qualité de vie » à leurs occupants.
Architecte diplômée par le Gouvernement (DPLG) et fondatrice de son agence, Catherine Dormoy s’est progressivement imposée dans le domaine de la santé et du médico-social. Si elle conçoit également des projets dans le logement ou l’enseignement, ses recherches se concentrent aujourd’hui largement sur les structures médico-sociales, et plus particulièrement sur l’accueil des personnes âgées – un champ où elle développe depuis plusieurs années une réflexion approfondie sur les lieux de vie du grand âge.
Architecte diplômée par le Gouvernement (DPLG) et fondatrice de son agence, Catherine Dormoy s’est progressivement imposée dans le domaine de la santé et du médico-social. Si elle conçoit également des projets dans le logement ou l’enseignement, ses recherches se concentrent aujourd’hui largement sur les structures médico-sociales, et plus particulièrement sur l’accueil des personnes âgées – un champ où elle développe depuis plusieurs années une réflexion approfondie sur les lieux de vie du grand âge.
Vers un engagement pour le médico-social
Rien ne prédestinait pourtant Catherine Dormoy à se spécialiser dans le secteur de la santé. Comme souvent, c’est une succession d’opportunités et de rencontres qui a orienté sa trajectoire. « Je ne pensais pas, au début, consacrer mes travaux principalement au secteur du médico-social », confie l’intéressée. Son ambition étant avant tout de concevoir « une architecture innovante au service de l’être humain ». Un premier concours hospitalier remporté marque alors un tournant. « Et ensuite, les projets se sont enchaînés », résume-t-elle. Parmi eux figure la réalisation d’une unité Alzheimer qui reçoit le prix de la Fondation Médéric Alzheimer et contribue à asseoir durablement sa légitimité dans ce domaine. « Recevoir une distinction signifie que l’on a réussi à proposer quelque chose qui marque et donne surtout l’élan nécessaire pour poursuivre et approfondir ces recherches », constate l’architecte. Depuis, son travail a été salué à plusieurs reprises, notamment par la Mention Équerre d’Argent du Moniteur et par le prix AMO. Autant de reconnaissances qui viennent conforter une démarche dans laquelle l’innovation architecturale reste indissociable de l’attention portée aux usagers.
Repenser l’EHPAD comme un lieu de vie
Au fil de ses projets et de ses recherches, Catherine Dormoy a forgé une conviction : le modèle actuel de l’EHPAD doit évoluer. Aujourd’hui encore, observe-t-elle, « l’entrée en établissement s’apparente souvent à une rupture brutale avec le quotidien ». « Chez soi, chacun vit à son rythme, alors que dans de nombreux établissements, au contraire, tout est normé », rappelle-t-elle. L’enjeu consiste donc à transformer ces structures pour en faire de véritables lieux de vie, capables d’offrir aux personnes âgées un nouveau « chez-soi ». Concrètement, cette vision se traduit par des espaces plus personnalisables, des logements plus spacieux et des circulations repensées. Les couloirs pourraient notamment devenir de véritables lieux de vie : « des espaces de déambulation où l’on trouve une bibliothèque, des lieux de rencontre, de détente… des endroits où l’on s’assoit, où l’on discute, où l’on vit », imagine-t-elle.
Ouvrir l’EHPAD sur la ville
Autre conviction forte : les établissements pour personnes âgées doivent cesser d’être des lieux à part, isolés du reste de la société. « Il faut inclure ces lieux dans l’espace public et créer des liens intergénérationnels », affirme Catherine Dormoy, convaincue que l’EHPAD pourrait devenir « une véritable ressource pour la ville ». L’architecte imagine ainsi des bâtiments largement ouverts, proposant des services et des activités accessibles également aux habitants du quartier tels que des espaces culturels, des activités sportives, des lieux de bien-être ou même des structures éducatives. L’idée est simple : favoriser les rencontres spontanées entre générations et éviter que les personnes âgées ne soient reléguées à l’écart. « Elles doivent continuer à faire pleinement partie de la vie de la cité », insiste-t-elle.
Imaginer l’EHPAD de demain
Pour Catherine Dormoy, la réflexion ne se limite pas à la conception des bâtiments. Très engagée dans les débats sur l’avenir du grand âge, l’architecte s’investit activement dans plusieurs travaux collectifs. Au sein de l’Union des architectes francophones pour la santé (UAFS), elle anime notamment un groupe de recherche consacré au médico-social. Avec d’autres professionnels, elle observe les initiatives menées en France et à l’étranger afin d’imaginer de nouvelles réponses aux défis à venir. Car, insiste-t-elle, « le vieillissement de la population doit être anticipé dès maintenant ». Les solutions passent, selon elle, « par une diversité de modèles, allant d’habitats adaptés et d’un accompagnement renforcé à domicile à des structures intermédiaires ou des établissements entièrement repensés ».
Vers un « EHPAD désirable » ?
Dans la continuité de ces travaux, Catherine Dormoy participe également depuis deux ans au Laboratoire des solutions de demain de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). « Le laboratoire cherche à apporter des repères, des méthodes et des exemples pour imaginer les établissements de demain », explique-t-elle, reconnaissant volontiers que « tous ces échanges nourrissent directement ma pratique ». Comme elle le rappelle, « l’architecture ne peut être pensée isolément » : elle doit rester avant tout « un support de vie sociale ».
Au fond, l’ambition de Catherine Dormoy tient en une formule : « rendre l’EHPAD désirable ». Une idée « encore difficile à faire accepter », reconnaît-elle, mais qui guide une grande partie de ses travaux. L’architecte se veut néanmoins confiante. Les initiatives se multiplient, les expérimentations émergent et les mentalités évoluent progressivement. « Beaucoup de professionnels travaillent aujourd’hui pour rendre ces lieux plus agréables », observe-t-elle. Les idées avancent, les projets se développent : « c’est bon signe, nous allons vers le mieux ».
> Article paru dans Ehpadia #43, édition d'avril 2026, à lire ici
Au fond, l’ambition de Catherine Dormoy tient en une formule : « rendre l’EHPAD désirable ». Une idée « encore difficile à faire accepter », reconnaît-elle, mais qui guide une grande partie de ses travaux. L’architecte se veut néanmoins confiante. Les initiatives se multiplient, les expérimentations émergent et les mentalités évoluent progressivement. « Beaucoup de professionnels travaillent aujourd’hui pour rendre ces lieux plus agréables », observe-t-elle. Les idées avancent, les projets se développent : « c’est bon signe, nous allons vers le mieux ».
> Article paru dans Ehpadia #43, édition d'avril 2026, à lire ici






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